Afropunk, festival autoréférent qui trace sa route hors des frontières.

Pour la troisième année consécutive à Paris, le festival AFROPUNK à fait vibrer son public venu des quatre coins du globe, pour son authenticité et le souffle frais de liberté et de tolérance inhérent à ce mouvement.

Depuis son épicentre Brooklyn, en 2003, AFROPUNK parvient à réunir plus de 90 000 visiteurs par année à New-York et élargit toujours ses horizons au fil de ses prestations. Depuis 3 ans, les organisateurs ont choisi Paris pour son exportation à l’étrangers. Africanité ? Mélange des cultures ? Liberté d’expression ? Il semble que Paris soit devenu un passage obligé pour ce festival afro : un bon cocktail créatif et on ne peut que s’en réjouir.

J’ai cette année, été porté par la curiosité et j’ai été émerveillé par la qualité culturelle revendicative et avant-gardiste qui m’a fait voyager hors de mes frontières, en gardant les pieds à Paris. Avec cet article, je vous propose de découvrir comment croire en sa passion et en faire le témoignage, peut changer une vision bien trop souvent figée et ouvrir des perspectives reconnues bien au-delà de ce que l’on peut espérer.

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L’éclosion d’Afropunk, c’est l’emergence d’une diversité rebelle

Comme beaucoup de belles histoires qui deviennent virales, le mouvement AFROPUNK est né d’une expérience personnelle, celle de son fondateur, James Spooner. En grand amateur de punk-rock, James s’est, de nombreuses fois adolescent, confronté au regard d’incompréhension de sa propre famille afro-caraïbéennes américaine, le nommant de « frère blanc » puisqu’amateur d’un style musical que l’on considère « blanc ». C’est en déménageant à New-York, qu’il a pu évoluer au sein d’une communauté punk, comme lui, noirs ou métis, comme lui. Ces interrogations identitaires, directement liées à la richesse des personnes confrontées à leurs multicultures, ont produit chez lui le désir de rendre public les voies de ceux qui, comme lui, vivent leurs passions en dehors des cases dans lesquelles on voudrait qu’ils soient. Caméra en main, James décide d’interviewer les punks noirs (skateurs, chanteurs, festivaliers aux nombreux piercing exubérants… que l’on jugent bien vite déviants). Il réalise le documentaire Afropunk : the Rock’n’Roll Nigger Expérience, rendant hommage à la communauté Afro-Américaine passionnée et créatrice de musique punk, que l’on voudrait trop souvent assimiler au gangsta rap et au bling-bling. C’est une onde de choc qui se propage, qui fait echo auprès de Matthew Morgan (manager et producteur dans l’industrie musicale) et qui donne lieu à l’association entre les deux hommes.

 

« Le film Afropunk nous a donné un bagage suffisant pour commencer le dialogue afin de connecter ces différents intermédiaires, de créer de nouvelles cases. Merde, dans cette case il y avait moi, James (Spooner, ndlr), Santi, Doc McKinney (qui produit des morceaux pour The Weeknd), Angela Hunt – pour qui j’ai travaillé à l’époque avec Teron Beal – et un tas d’autres personnes… » – Matthew Morgan 

Deux ans après le documentaire détonant de James Spooner, c’est donc le lancement de la première édition du festival Afropunk en 2005 au mythique Brooklyn Academy of Music (BAM) offrant une formidable revanche aux deux associés, soucieux de mettre en lumière cette revendication artistique et culturelle, comme il l’explique pour Huffpost (voir vidéo ci-dessous).

Le mouvement n’en est qu’au début de sa conquête du monde et n’en finit plus d’attirer de nouveaux fans. En dix ans, le festival est passé de 250 personnes à 90 000 festivaliers, et s’est exporté avec succès à Atlanta, puis à Londres avant d’éclore à Paris en 2015. L’Afropunk débarque en Afrique avec une première édition à Johannesburg (Afrique du Sud) prévue en décembre 2017 et prévoit également de se produire au Brésil dans un futur proche. Je ne sais pas pour vous, mais j’adorais y aller, rencontrer la communauté brésilienne et partager cette passion avec un Hoster sur Place ?

Afropunk casse les codes et fédère grâce à la créativité

J’imagine ne pas être le seul à avoir constaté l’envie de diffusion du savoir de chacun des artistes en line-up de cette édition parisienne 2017, grâce aux messages exprimés sur scène. Il semble d’ailleurs que c’est cet engagement, pour un monde éveillé tolérant et progressiste, qui transpire depuis la première édition, en voyant se succéder sur scène Lenny Kravitz, Lianne La Havas, D’Angelo, Keziah Jones, Patrice, Sharon Jones, Wilow Smith, Pharrell Williams ou encore les métalleux du groupe Body Count.

Dans le respect de cette lignée, voici la programmation des remarquables artistes ayant transmis leurs valeurs de tolérance pendant ces folles 48 heures. Et pour le plaisir de la découverte (pour ceux qui n’avait pas la chance d’assister à l’Afropunk 2017), je vous ai préparé une playlist diffusée sur notre chaine Youtube Hostelp (pour y accéder, cliquez sur la photo ci-dessous).

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Playlist Afropunk Paris 2017 par Hostelp

PROGRAMMATION AFROPUNK FEST 2017 PARIS

Samedi 15/07/2017

  • Macy Gray
  • FFF
  • Petite Noir
  • Fantastic Negrito
  • H09909
  • Baloji
  • Songhoy Blues
  • Tshegue

DIMANCHE 16 JUILLET 2017

  • Faada Freddy
  • Laura Mvula
  • Robert Glasper Experiment
  • Disiz La Peste
  • Nova Twins
  • Blitz the Ambassador
  • Sate
  • Sir The Baptist
  • Kiah Victoria
  • Yasiin Bey

Afropunk, une génération en mouvement vers un voyage identitaire

Au-delà du simple festival musical, Afropunk célèbre une attitude et les différences que chacun peut porter en lui. C’est la musique, le cinéma, le street-art, la food-street qu’on y retrouve au sein d’un village agencé pour accueillir un public venant du monde entier.

C’était pour moi l’occasion de faire de belles rencontres et d’échanger, autour de valeurs communes à tous ceux présents pendant ces deux jours :  NO SEXIM / NO RACISM / NO ABLEISM / NO AGEISM / NO HOMOPHOBIA / NO FATPHOBIA / NO TRANSPHOBIA / NO HATEFULNESS

Certains, habitués de la manifestation Afropunk, à Paris ou ailleurs, comme Izé Teixeira (chanteur franco-capverdien) ou Catia Mota Da Cruz (co-fondatrice de Blackattitude Magazine), c’est une récompense naturelle à leur engagement quotidien. Pour d’autres, comme Sara, Flavia et Isabelle, trois suissesses rencontrées le deuxième jour du festival Afropunk. L’Afropunk a agit comme un cri de ralliement en Europe. C’est ainsi que ces 3 jeunes femmes, comme tant d’autres, n’ont pas hésité à organiser leurs séjours à Paris autour de l’Afropunk. Certains, comme Magà Moura, blogueuse de São Paulo, décident de parcourir des milliers de kilomètres pour y assister et témoigner du mouvement, pour une communauté qui la suit avec ses témoignages écrits.

Néanmoins, comme nous le notions au fil d’une discussion avec Jay, venu de Brooklyn (New-York), nous étions très surpris d’échanger en majorité avec des personnes venues d’autres pays d’Europe ou du monde, plutôt qu’avec des français s’étant rendu au festival. (Ceci n’enlève rien à l’engouement que l’on a pu ressentir évidement.)

Pour ma part, au delà de l’ambiance où chacun peut exposer ses talents, j’y ai fait des rencontres marquantes de personnes fédérées autour de la créativité, de l’envie de casser les codes.

Vous aussi, vous en redemandez ?

Suite au succès de cette édition explosive, je ne peux que souhaiter à ce festival AFROPUNK de belles années de programmation devant lui, en faisant confiance à cette soif de conquête de nouvelles destinations, où le public saura reconnaître la pertinence du message de tolérance, mettant en avant-scène les personnalités engagées pour faire bouger les lignes.

Si vous aussi, vous vous reconnaissez dans l’esprit des festivals ou de l’adage propre du festival Afropunk « We The People », faites-nous savoir ce que cela évoque chez vous en nous laissant un commentaire. Partagez cet article sur vos réseaux sociaux pour participer à cette vague déferlante qui trace sa route hors des sentiers battus.

2 commentaires sur “Afropunk, festival autoréférent qui trace sa route hors des frontières.

  1. Très bien
    Quelle bonne idée ! Du courage mes amis
    Mais il les vrais musique qui parle de l’afrique et cette revolution comme Celle de Fela Kuti
    Donc je vous recommande d’invité B.i Creezy
    Chercher « B.i Creezy  » sur Google
    C’est in bon jeune artist qui passe des messages de ce genr
    Merci
    Mes Ami et moi serions heureu de le voir à cet beau festival

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